The Identities
Édition I — Paris — 2026 — en cours
© 2025 Sofiane-Vincent Contact pro

Le dispositif

D'où ça vient

Je suis né dans un dossier. Né sous X, adopté, avec un prénom attribué par l'État. À vingt-et-un ans, j'ai rouvert mon dossier et j'y ai retrouvé mon prénom d'origine. Selon le prénom, j'étais regardé différemment, classé différemment, traité différemment. Même visage, même personne — mais l'administration avait changé la ligne, et le monde avec.

C'est de cette expérience qu'est né The Identities. Un dispositif photographique et vidéo qui met en tension deux lectures d'une même personne : celle que les systèmes produisent, et celle qui leur échappe toujours un peu.

Trois éléments

Chaque portrait repose sur trois éléments.

Le mugshot

Un portrait frontal, sobre, presque administratif. Le visage est partiellement masqué par un document détourné — un ticket, un badge, une carte — qui reprend les codes visuels du milieu photographié pour les retourner contre eux-mêmes. Sur ce document, des cases familières : un numéro de dossier, un prénom, une ville, un métier. Et parfois, glissées parmi elles, des questions qui résistent au profil — un rituel, un plaisir coupable, un achat impulsif. Là où ces documents servent d'habitude à catégoriser, ici ils deviennent un espace où une présence peut apparaître.

Le souffle

Une seconde image, plus lente. Un geste, une manière d'habiter son corps, une présence qui ne se laisse pas résumer. Le projet ne dit pas qu'une image est vraie et l'autre fausse. Les deux sont des lectures. Ce qui compte, c'est l'écart entre elles — ce qui se joue dans la tension, et qui rend l'initiative à la personne photographiée.

La vidéo

Parfois, la conversation qui précède le portrait est filmée. Ce n'est pas une interview. C'est un prolongement du dispositif, une manière de laisser respirer ce que la photo condense. La vidéo n'est pas systématique, elle s'ajoute selon le contexte du chapitre, jamais par défaut.

Le projet

The Identities n'est pas une série de portraits. C'est un dispositif critique qui utilise le langage des dossiers pour faire surgir ce que les dossiers ne peuvent pas contenir. Une archive vivante où l'identité est comprise comme un processus : mouvant, contradictoire, jamais fixé.

Paris 2026 ouvre l'archive. D'autres villes suivront.

Sofiane-Vincent

Sofiane-Vincent

Sofiane-Vincent est un artiste et photographe né à Marseille, dans le quartier de la Belle-de-Mai. Il vit aujourd'hui à Paris, où il développe une pratique photographique centrée sur les identités contemporaines, les mécanismes de représentation et les regards qui façonnent nos trajectoires intimes, sociales et institutionnelles.

Né sous X, placé puis adopté, il construit une œuvre nourrie par une expérience personnelle du dossier, du classement et de la reconstruction identitaire. Son travail interroge la manière dont les individus apparaissent aujourd'hui à travers des profils, des images, des archives et des systèmes de lecture de plus en plus numériques. À travers la photographie, la vidéo et l'écriture, il cherche moins à figer les identités qu'à révéler leurs tensions, leurs contradictions et leurs zones de transformation.

Au cœur de sa pratique se trouve The Identities, un dispositif photographique pensé comme une archive contemporaine des manières de se présenter au monde. Le projet associe portraits et "données vivantes" afin de déplacer le regard des catégories figées vers des fragments plus sensibles : mémoire, désir, projection, récit personnel. Déployé dans différents contextes sociaux, culturels et géographiques, The Identities construit progressivement une cartographie humaine où coexistent des trajectoires multiples sans être réduites à une lecture unique.

Sa démarche repose sur une tension constante entre l'intime et le structurel. D'un côté, une matière personnelle forte : l'enfance, l'abandon, le corps, le désir, la solitude. De l'autre, une volonté de transformer cette matière en formes capables de circuler : protocoles photographiques, archives, publications, installations ou dispositifs éditoriaux. Il ne cherche ni à produire un témoignage autobiographique, ni à adopter une posture purement conceptuelle, mais à créer des espaces où des expériences individuelles peuvent entrer en dialogue avec des enjeux contemporains plus larges.

Son travail envisage l'image non comme une finalité, mais comme un point de rencontre entre présence humaine, mémoire et systèmes de représentation. À travers ses projets, Sofiane-Vincent construit progressivement un langage visuel autour du regard, de la trace et de la complexité des identités contemporaines.

Initié par Sofiane-Vincent

Produit par MKTB — It is written

Artiste documentaire & auteur — Paris

Rejoindre l'archive

The Identities se construit avec les personnes qui acceptent d'y entrer. Deux manières de rejoindre l'archive.

Participer à titre individuel

Vous portez un prénom qui ne dit pas tout. Un document qui vous réduit. Une histoire que l'administration ne connaît pas.

Le protocole se déroule en trois temps.

1
Vous écrivez. Quelques mots sur vous, sur ce qui fait que votre identité administrative ne raconte pas tout. Pas besoin d'être long. Ce qui m'intéresse, c'est ce qui déborde des cases.
2
Une conversation. Environ une heure, filmée selon le chapitre. On parle de vous, de ce qui vous construit, de ce que les papiers ne disent pas.
3
Une séance photo. Le mugshot, puis le souffle. Votre diptyque rejoint l'archive.

Participer est un choix conscient. La dignité n'est pas un thème ici, c'est une méthode : cadre respecté, consentement éclairé, temps pris.

Écrire pour participer
Co-construire un chapitre

The Identities est conçu comme une œuvre collaborative. Chaque chapitre est co-créé avec un partenaire — magazine, institution, collectivité, fondation, association — qui apporte un contexte et une communauté, et qui rejoint l'archive plus large du projet.

Un chapitre rassemble cinq à quinze portraits partageant un contexte commun : un lieu, une communauté, une institution. Le protocole reste identique, mais chaque chapitre documente une réalité singulière.

Ce que ça vous apporte. Le chapitre porte votre nom et valorise votre communauté. Vous obtenez des images et des vidéos pour vos supports. Votre chapitre devient une partie permanente de l'archive — exposable, publiable, archivable.

Comment on construit un chapitre ensemble. Vous proposez un contexte, une communauté, un lieu. On définit ensemble le cadre, le nombre de portraits, le calendrier, les droits d'usage. Le protocole artistique reste celui de l'auteur, le périmètre se co-construit.

Proposer un chapitre